Ci-dessous, Dissection.be passe en revue une série
d'affirmations... et les réfute.
Les élèves qui refusent de pratiquer des dissections sont des "mauviettes"
Ne pas vouloir procéder à une dissection, ne constitue pas un aveu de faiblesse. Les objections éthiques émanent généralement de sentiments contradictoires : comment peut-on disséquer un animal, alors que l'on en cajole d'autres ? Celui qui est en accord avec ses sentiments conclura qu’il est inacceptable de réaliser des dissections. Il ne s’agit donc pas de faire preuve de faiblesse, mais d’agir en accord avec ses valeurs, ses principes, ce qui, au contraire, demande parfois un certain courage.
On a toujours fait des dissections, pourquoi ne pourrait-on tout d'un coup ne plus en faire ?
L'argument selon lequel "on a toujours fait comme ça", ne tient pas debout. Nos habitudes et traditions doivent constamment être remises en question. Si elles ne s'accordent pas avec nos valeurs éthiques, il vaut mieux les remplacer. Par ailleurs, il existe à l'heure actuelle des méthodes d'enseignement ultra modernes qui permettent de remplacer sans le moindre problème les dissections sur animaux. Il y a vingt ans, ce n'était pas le cas.
Les dissections ne peuvent être remplacées par des simulations informatiques ou des modèles en plastique
Et bien, si. Les simulations informatiques donnent souvent une image détaillée et précise, tout comme les modèles en plastique. De nombreux élèves apprennent plus grâce à ces logiciels et modèles que lors d'une dissection en classe. Voir rubrique Les alternatives, ça marche.
Les élèves qui mangent de la viande ou portent du cuir ne peuvent pas réellement être opposés aux dissections.
Si un élève n'a pas d'objections éthiques à la consommation de viande ou au port du cuir, cela ne veut pas dire que ses objections éthiques vis-à-vis des dissections ne sont pas réelles. Vivre de manière complètement logique n'est pas une chose simple. Il ne faut pas décourager les personnes qui veulent s'engager dans cette voie, sous le prétexte qu'elles ne changent pas tout d'un seul coup.
Les alternatives aux dissections sont trop chères. Les écoles ne savent pas se les payer.
Acquérir une alternative est un achat unique. Elle peut en effet être réutilisée année après année, contrairement aux dissections qui nécessitent chaque année la mort d'animaux. En outre, différentes associations prêtent gratuitement des alternatives, ce qui permet de réduire les coûts.
Accéder aux demandes des élèves qui rejettent les dissections ouvre la porte à des abus. Bientôt, ils réclameront la fin des examens...
La suppression des dissections constitue avant tout un progrès vers le respect de toute vie. Beaucoup d'élèves sauront apprécier cette attitude. L'appréciation des élèves n'engendre pas des abus, bien au contraire. Si les élèves constatent une ouverture au dialogue, ils auront plutôt tendance à se comporter en adultes et constitueront de réels interlocuteurs. Donner aux élèves l'impression qu'ils ne peuvent avoir d'esprit critique les confirmera dans leur incapacité à pouvoir mener un dialogue sérieux et engendrera des contre-réactions. Nul ne doute, en outre, de l'utilité des examens, de celle des dissections par contre...
Les élèves qui refusent de pratiquer ou d'assister à des dissections ne pourront entreprendre des études de médecin ou de vétérinaire.
Les jeunes qui décideront de suivre une formation en médecine humaine ou vétérinaire seront confrontés à des dissections pendant leurs études. Ici aussi ils pourront faire appel à des alternatives adaptées. Ainsi, les dissections peuvent être remplacées par toutes sortes de simulations (logiciels, tissus synthétiques, etc.) et, lorsqu'une dissection devient inévitable, celle-ci peut être réalisée sur des animaux morts "naturellement" (voir à ce sujet le site Educational Memorial Programs). Les expériences en physiologie à partir, par exemple, de nerfs ou de muscles provenant d'animaux spécialement tués pour ces expériences, peuvent également être remplacées de manière efficace.
Il arrive que des étudiants évitent les études en sciences biologiques, car ils ont été rebutés par les dissections. C'est non seulement dommage pour les étudiants en question, mais également pour le secteur concerné. En effet, tandis que ce sont précisément ces jeunes personnes qui permettront une évolution positive des mentalités, ils se voient contraints d'agir en contradiction avec leurs valeurs éthiques intuitives.
Les dissections sont indispensables
Les dissections dans l'enseignement secondaire ne sont pas indispensables. Elles servent uniquement à illustrer un cours, ce qui peut être réalisé par d'autres moyens. De nombreux professeurs de biologie ne font pas appel aux dissections. Leurs élèves sont-ils pour autant moins bien formés?
Les dissections favorisent le respect de la vie et des animaux
Quelle est la valeur d'un animal sur une table de dissection ? Dans une classe de biologie, cet animal a uniquement de la valeur lorsqu'il sert à montrer aux élèves où se trouve l'estomac, à quoi ressemblent les poumons et quelle est la taille des reins. Ensuite, il n'a plus d'utilité et peut disparaître. Un rapide renvoi au fait qu'il faut respecter les animaux ne permet pas de convaincre les élèves que les animaux ne sont pas des objets. Une telle vision instrumentale est la cause de bien des souffrances animales et l’amorce d’une forme d’indifférence à toute forme de souffrance.